Lettre ouverte à Monsieur Luc Ferrandez, maire de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal

Les membres du conseil d’administration du Comité des citoyens de Milton Parc (CCMP), un organisme voué à la défense de la qualité de vie dans le quartier Milton Parc, ont, à l’unanimité, dénoncé lors de leur rencontre du 7 août 2012, l’exercice du “Budget participatif” tel que proposé aux citoyens du Plateau. Selon eux, le « simulateur de budget » conduit à des conclusions erronées et incomplètes qui donnent une fausse idée de ce que pensent vraiment les résidents de l’arrondissement.

En premier lieu, seulement une poignée d’internautes (quelque 300 en date du 9 août selon les données mêmes de l’arrondissement – site Web consulté le 27 août 2012) sur une population de plus de 100 000 citoyens se sont prêtés à l’exercice en ligne de simulateur budgétaire. Cet échantillon n’est pas du tout représentatif de la population, en effet,  les statisticiens appellent ce problème de méthodologie  « biais d’auto-sélection ». Pourtant, les élus du Plateau Mont-Royal soutiennent avoir un appui populaire pour leurs politiques de coupures de services et d’augmentation de frais et de taxes comme en témoignent divers articles (voir ci-dessous).

En second lieu, les choix proposés sont rigides et restreints. Alors que les élus et les fonctionnaires gèrent un budget de plus de 58 000 000 $, les citoyens participant au « budget participatif » sont essentiellement relégués à une pataugeoire décisionnelle de quelques dizaines ou centaines de milliers de dollars où ils doivent faire des « choix » déchirants entre, par exemple :

  • couper dans le déneigement ou perdre des acquisitions de livres pour les bibliothèques;
  • éliminer des collectes de déchets ou imposer des taxes locales additionnelles;
  • réduire le verdissement, la propreté et l’enlèvement de graffitis ou sabrer dans l’art et la culture;
  • réparer les nids-de-poule et les égouts ou réduire l’entretien des trottoirs l’hiver;
  • fermer des arénas, des piscines et des pataugeoires pour enfants ou augmenter les vignettes de stationnement et les parcomètres.

Ces dépenses ne représentent qu’une fraction du budget total de l’arrondissement. Pourtant, Monsieur Ferrandez s’était engagé, le 18 octobre 2009 lors d’un débat pré-électoral de candidats organisé par le CCMP, à poursuivre l’exercice de budget participatif sur les bases établies par l’administration précédente.

Ce sont en fait les dépenses de rémunération des élus et des fonctionnaires qui accaparent plus de la moitié de ce montant, cette information se trouvant bien loin, à la page 46 du document PDF de l’arrondissement.

Le CCMP estime que, s’ils étaient consultés sur tous les enjeux qui les concernent, les citoyens se préoccuperaient aussi des dépenses volumineuses reliées aux lourdes structures bureaucratiques. Pourtant, on les invite à dire où couper dans les services aux citoyens ou à augmenter les frais et les taxes. Rappelons que les citoyens du Plateau Mont-Royal ont déjà subi la plus haute augmentation de leurs impôts fonciers et de leur vignette de stationnement.

Il est regrettable que, dans l’exercice de budget participatif, les citoyens ne soient consultés que sur le minimum.

**  http://www.journaldemontreal.com/2012/08/09/les-repondants-du-plateau-mont-royal-en-phase  

*** http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/ montreal/archives/2012/08/20120809-162456.html 

**** http://www.leplateau.com/Actualites/Vos-nouvelles/2012-08-29/article-3063741/Simulation-budgetaire-%3A-des-citoyens-mettent-un-bemol/1

Pour information : Comité des citoyens de Milton Parc

Réponse du maire Luc Ferrandez

28 août

Bonjour madame Deveault

Il y a du vrai dans ce que vous dites. En premier lieu , il est vrai que nous n’invitons pas les citoyens à proposer des changements touchant à la partie la plus importante du budget, i.e. les coûts de main d’oeuvre. Les emplois (de cadres, de cols bleus, de techniciens et de professionnels ) sont protégés par la convention collective. Il serait irresponsable de notre part de proposer des changements (par exemple de réduction de la bureaucratie comme vous le dites) que nous n’avons pas le pouvoir de mettre en oeuvre puisque les conventions collectives sont gérées par la ville centre.

Par ailleurs, nous ne faisons pas d’illusion sur la valeur de notre outil. Bien que plus de 600 personnes ont maintenant rempli le budget , il ne s’agit pour l’essentiel de gens branchés et éduqués. Nous savons que nous disposons de larges appuis auprès de ce groupe de citoyens et nous ne prétendons pas qu’il serait légitime de s’appuyer sur cet appui massif pour prétendre que tout le monde est d’accord avec nous.

En terminant, vous avez aussi raison lorsque vous dites que le simulateur ne remplace pas le budget participatif. C’est un exercice démocratique plus large, touchant plus de personnes et permettant plus de choix que le budget participatif mais il ne permet pas une implication aussi profonde que les exercices de budget participatif. Nous ne désespérons pas d’avoir un jour le temps de mettre sur pieds d’autres outils démocratiques de consultation et de discussion avec les résidents.

Luc Ferrandez
Maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal

Réponse du CCMP

Merci pour votre réponse, nous apprécions que vous compreniez notre point de vue.  Permettez-nous de vous faire part de ce qui constitue de réelles préoccupations pour nous. Sans égard à  un quelconque ordre de priorité :

.  poubelles publiques : il en manque beaucoup et comme vous le savez, la propreté de nos rues est un problème réel dans le quartier du simple fait de la densité de la population et notamment de la population étudiante. Les poubelles qui viennent d’être installées ne suffisent déjà pas.  Il en faudrait d’autres, bien robustes aussi comme celles en métal installées sur le campus de McGill.

.  feux de circulation : nous en avons déjà parlé à Mme Huggins en janvier dernier, le chronométrage des intersections tout le long de l’avenue du Parc entre Sherbrooke et des Pins met  les piétons véritablement à risque. N’attendons pas qu’il arrive un accident pour agir.  C’est important non seulement pour les plus jeunes d’entre nous, mais bien plus encore pour les personnes âgées du quartier.

plates-bandes du carrefour des Pins / du Parc : d’accord pour des économies, mais la plate-bande à l’intersection des Pins / du Parc est devenue un terrain de jeu pour les chiens (donc risque de problème de propreté) et le parking des voitures de police lors des matchs  (une nécessité).  La pelouse est malmenée et a besoin d’entretien.

.  graffitis : la solution proposée par l’arrondissement ne suffit pas, les machines qu’on peut louer ne font pas entièrement le travail, nous avons à l’évidence besoin de plus d’aide. Sans couper dans d’autres services ou augmenter les taxes et frais,  nous demandons au Plateau-Mont-Royal  de consacrer  plus de ressources sur le terrain à l’enlèvement des graffitis, véritable fléau dans Milton-Parc.

Voyez par exemple ce qui se fait dans l’arrondissement de Notre-Dame de Grâce, qui non seulement oblige les propriétaires d’édifices de six logements ou plus à nettoyer leurs graffitis sous peine d’amendes et qui par contre, les nettoie à ses frais chez les autres résidents, y compris dans les ruelles; mais qui y consacre 725 000 $, alors qu’actuellement le Plateau n’y consacre que 300 000 $.

Nous  espérons toujours former  le comité (arrondissement, Administration de McGill, étudiants, Comité des citoyens de Milton Parc) dont il avait été question lors de la rencontre avec M. Bergeron et Mme Huggins le 31 janvier dernier pour pouvoir collaborer à l’élaboration de solutions.  À cette occasion, M. Bergeron et Mme Huggins avaient convenu avec nous que cela serait une bonne idée.

En vous remerciant de votre attention,

Andrée Deveault

Secrétaire du CCMP

J’ajouterai en mon nom personnel que j’aimerais bien qu’il y ait des toilettes dans les parcs.  Prenez par exemple le Parc Saint-Michel, coin Laurier et Saint-Dominique, parc très charmant s’il en est, mais, pas de toilette.  Je déplorais déjà cet était de fait quand ma fille était à l’âge d’aimer jouer dans les parcs, maintenant, je suis grand-mère deux fois et la situation n’a pas changé.  L’être humain est un mammifère, pour pouvoir passer un bon moment dans un parc, tôt ou tard, on doit pouvoir aller au p’tit coin.

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